La Déclaration

Pour changer de la désormais traditionnelle nouvelle hebdomadaire, j’avais envie de partager avec vous un texte que j’ai écrit il y a plus de dix ans, et que j’avais déjà publié sur mon premier blog.

Manu m’en a reparlé ces jours-ci, et je l’ai relu. J’ai réalisé que cette ville me manquait, et que j’avais finalement hâte que nos retrouvailles aient lieu…

Parce que malgré la distance, je reste au fond de moi une éternelle Parisienne, amoureuse de la Ville Lumière.

Paris, mon Amour

Lorsque je me lève très tôt et que tu dors encore, j’aime apprécier d’un demi sommeil tes rues encore désertes (ou presque) et tes métros encore vides. Je ne suis moi-même pas encore en phase avec la réalité qui m’entoure, mais déjà je discerne la lumière de tes kiosques à journaux et tes boulangeries qui servent leurs viennoiseries encore tièdes.

Le jour se lève doucement et le ciel, d’un noir bleuté, annonce le début de la journée mouvementée qui t’attend.

Petit à petit, les buveurs de café quittent tes comptoirs pour se rendre au bureau, le regard brumeux et le pas rapide.

Puis tu reprends tes habitudes : tes rues se laissent envahir par tes habitants pressés qui ne sont jamais à l’heure, et déambulent d’un air blasé dans les tunnels qui les mèneront vers une nouvelle journée pleine de stress.

J’ai la chance de pouvoir échapper à tout ça. Bien souvent, mon rythme de vie, décalé par rapport aux autres, me permet de t’apprécier d’une manière différente.

En pleine journée, alors que tout le monde s’adonne à sa tâche, j’aime me balader dans tes rues, arpenter tes murs, fouler tes quais, et traverser les ponts qui enjambent ta Seine. Lorsque tu as invité le soleil à notre rendez-vous, celui-ci s’en trouve changé avec grâce. Tu sais que j’aime profiter pleinement de tes murs qui reflètent cette lumière si particulière. De celle qui t’envahit et qui réchauffe mes joues durant mes visites hivernales.

C’est tellement agréable de se perdre au détour d’une librairie, se poser à la terrasse d’un café pour te regarder vivre, tout simplement.. Et quand le Soleil a refusé ton invitation, je laisse la pluie balayer mes cheveux et chasser mes idées noires.

J’entre alors dans un de tes cinés grâce auquel je m’évade pendant une heure ou deux. Et quand je ressors, je te retrouve : plus belle, plus forte. Tu sais résister au temps, et à ceux qui te manquent de respect au quotidien.

Après m’être reposée un instant, je repars et me trouve dans la rue Rivoli, que je longe côté « jardin » jusqu’à la salle du Jeu de Paume, et me retrouve place de la Concorde. C’est maintenant l’été, et j’y déguste une délicieuse glace à l’Italienne en contemplant l’Arc, Ton Arc de Triomphe.

Un autre jour, j’aime fouler tes pavés du quartier latin, depuis la fontaine qui jonche la place Saint-Michel, jusqu’au carrefour de l’Odéon. Un détour par la tour de Nesle et quelques souvenirs remontent à la surface.

Alors, pour m’évader un peu, je m’en vais m’allonger sur la pelouse du jardin du Luxembourg, un livre à la main. Ne pouvant me concentrer pleinement, mes yeux s’égarent dans les quelques nuages qui te survolent.

Il m’est même arrivé de jouer les touristes, et de grimper en haut de ta tour la plus célèbre, celle qui fit ta gloire en 1900, Ta Dame de Fer d’où on peut te contempler entièrement. Et comme la nuit pointe à nouveau le bout de son nez, tu te mets à briller de mille feux, comme pour narguer mon regard émerveillé et attendri à la fois.

Alors pour être sûre de ne rien oublier, de ne pas T’oublier… Je te capture à ma manière, je te prends en photo sous tous les angles possibles Tu ne te laisses pas toujours faire et parfois tu laisses glisser une voiture ou autre chose devant la vue que je convoite. Mais qu’importe, cet instant est déjà dans un coin de ma mémoire (et de mon appareil ;)).

Evidemment je ne pouvais parler de toi ainsi, sans évoquer Mon jardin « secret ». Enfin, pas réellement secret puisque quelques milliers de personnes s’y rendent régulièrement. Mais il règne dans cette arène une atmosphère qui t’est propre et qui est hors du temps. Presque parallèle à la réalité. C’est là que j’ai pu ressentir mes émotions les plus fortes. Dans ce Parc qui peut me réserver le meilleur comme le pire. J’en connais chaque recoin, marche. C’est un vrai plaisir à chaque fois de sentir mon cœur battre pour cet endroit magique.

Malgré tant d’années à vivre avec toi, je ne te connais pas par cœur. Tu t’en amuses, et aime me cacher certaines parties de toi, que j’aimerais pourtant découvrir, et ce avec un réel plaisir.

Bientôt je serai séparée de toi pendant une longue période, et la seule chose dont je sois sûre, c’est que tu vas me manquer. Mais c’est ainsi. Et cela m’aidera certainement à savourer nos retrouvailles futures…

 

Je t’aime.

 

 

Mode « Nostalgique » [ON]

2 réflexions sur “La Déclaration

  1. Super Claire Dehe. Magnifique texte il donne envie de vivre à Paris 😊. Je n’ai pas forcément le temps d’aller souvent sur ton blog mais ce que j’ai pu lire jusqu’à présent est juste génial et j’adore. Je vais essayer d’y aller plus souvent. Continue car tu nous fais vibrer voyager et ça fait un bien fou de pouvoir s’évader de la réalité un court instant grâce à toi. Merci Claire.

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