Là où il ne se passe jamais rien

C’est en surfant sur le web que je suis tombée sur l’annonce de Christ Sama, qui recherchait des chroniqueurs pour son nouveau roman. Si vous me connaissez, vous savez que je suis toujours ravie de découvrir de nouveaux auteurs, et je l’étais encore plus lorsque j’ai trouvé ce roman dans ma boîte mail.

Résumé :

 Sally Bomboka déménage avec sa mère pour Ratadieto afin de prendre un nouveau départ: Sous ses airs de petite ville tranquille sans histoires, où il ne se passe jamais rien, Ratadieto est loin d’être une ville sûre, et Sally l’a appris à ses dépens en subissant un viol collectif par des personnes qu’elle pensait être ses amis. La jeune fille, brisée et souillée décide de garder le silence jusqu’au jour où le silence devient trop lourd à porter. À présent, Sally veut se faire entendre, mais peut-elle vraiment être entendue dans une communauté où les victimes sont les personnes à blâmer ? … C’est une lutte sans merci qui commence entre Sally Bomboko et toute la communauté de Ratadieto…

71 pages – Auto-Edition – Kindle (2,69€)

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Mon Avis :

La photo de couverture illustre bien le sujet, mais elle n’est pas très lisible : entre les effets inappropriés sur le titre, et la phrase perpendiculaire qui passe inaperçue, seul le nom de l’auteur est clair. Vous me direz que ce n’est qu’une couverture, et que ce n’est pas ce qui fait la qualité d’un livre, surtout un e-book.

Je ne me suis donc pas arrêtée à ça, puisque c’est le sujet qui a d’abord attiré mon attention.

Le livre s’ouvre sur une mise en garde de l’auteur quant à la gravité et la sensibilité du sujet traité, ce qui est une bonne chose.

La narration se fait à la première personne, mais je n’accroche pas. Le personnage de Sally n’éveille aucune empathie chez moi : comme ses proches, elle manque de crédibilité. Peut-être est-ce dû au déséquilibre entre les dialogues (bien trop présents) et la description (dont l’auteur ne s’embarrasse pas vraiment) ?

Autant je n’aime pas les récits qui trainent en longueur pour ne rien dire, autant là ça sonne creux. L’histoire manque cruellement de consistance, alors que le sujet – ici le viol collectif et ses conséquences – méritait clairement d’être approfondi. Je ne parle bien sûr pas des détails sordides, mais des états d’âme de la jeune fille et du profil et/ou de la psychologie des différents protagonistes.

En même temps, 71 pages c’est court pour étoffer un contexte et une histoire.

Malheureusement, cerise sur ce gâteau (allégé !), l’orthographe, les répétitions et la syntaxe pêchent aussi. Et non, il ne s’agit pas que de « coquilles » d’inattention ou de frappe.

Je ne reviendrai pas sur les trop nombreuses fautes d’accord, mais quand on lit en plus

« Sally ! s’écrit-il,… »

« le seul adolescent de mon âge »

« Des uns disent que je sors (…) »

« (…) peu d’élèves s’intéressent de nos jours à la lecture. Beaucoup trouvent cela inintéressant. »

(Il n’y a que moi que ça choque ???)

J’avoue avoir eu du mal à aller au bout. Je ne spoilerai pas la fin, mais je l’ai trouvée bâclée, comme si l’auteur n’arrivait pas à terminer son histoire.

C’est vraiment dommage d’être passé à côté de la forme, car les intentions de l’auteur étaient louables : il souhaitait par cette histoire, dénoncer les viols (collectifs ou non) et leur banalisation, et les tragédies qui en découlent.

Vous allez trouver que je pinaille, et que ces remarques ne sont pas aussi importantes, du moment que l’histoire tient la route ? Ben si ! C’est important d’avoir dans les mains un livre correctement écrit, sinon cela freine la lecture et on n’a qu’une envie : le refermer le plus vite possible.

J’ai justement échangé un peu avec Emma, du blog Mydearema suite à son article sur ce sujet. En dehors du fait d’être « amoureuses de la langue française », même s’il nous arrive à tous de faire des petites fautes (ben oui, on est humain(e)s, donc pas parfait(e)s 😉 ), un(e) lect-eur(rice) a le droit d’exiger un produit de qualité surtout s’il/elle paie.

Il n’y a donc pas que le fond qui compte, mais aussi la forme : c’est elle qui permet à l’auteur de nous embarquer avec lui. S’il ne sait pas s’y prendre, on rate le décollage et on reste sur la passerelle comme un con avec pour seul bagage une jolie enveloppe dans laquelle il manque la carte d’accès à bord.

J’espère que monsieur Christ Sama organisera mieux son (notre ?) prochain voyage…

Une réflexion sur “Là où il ne se passe jamais rien

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