Bientôt dans ma PAL ? #23

Dans l’esprit des Premières Lignesj’ai envie de partager avec vous un autre rendez-vous hebdomadaire : celui de livres qui me tentent, et qui rejoindront (peut-être ?) bientôt ma PAL. Et ce n’est ni en fonction des sorties littéraires, ni des différents challenges ou prix : juste ceux qui me parlent au moment où ils me tombent sous la main…

Ils sont chez nous

de Lisa JEWELL

Libby ramasse la lettre posée sur son paillasson. Elle la retourne. Ce courrier lui paraît très officiel avec son enveloppe couleur crème dans un beau papier texturé. Au dos, elle lit : « Office notarial Smithkin, Pont Street, Londres SW3 ».
Elle se rend dans la cuisine, pose la lettre sur la table, remplit sa bouilloire et met un sachet de thé dans une tasse. Libby est presque certaine de connaître le contenu de cette enveloppe. Le mois dernier, elle a eu vingt-cinq ans. Sans se l’avouer, elle attendant cette lettre. Mais, maintenant qu’elle est là, elle n’est pas sûre d’avoir la force de la décacheter.
Elle attrape son téléphone et appelle sa mère.
– Maman, ça y est. J’ai reçu la lettre du notaire.
Un silence nerveux lui répond. Elle l’imagine à plus de mille kilomètres de là, à Denia, dans sa cuisine aux meubles d’une blancheur immaculée, aux ustensiles assortis vert citron, aux baies vitrées coulissantes donnant sur une petite terrasse depuis laquelle, au loin, on voit la Méditerranée, son portable à la coque rehaussée de strass (qu’elle appelle son « bling-bling ») collé à l’oreille.
– Ah, d’accord. Tu l’as ouverte ?
– Non, pas encore. Je me fais un thé avant.
– D’accord, répète-t-elle avant de se taire un instant. Tu veux qu’on continue de se parler pendant que tu l’ouvres ?
– Oui, s’il te plaît.
Libby se sent essoufflée, un peu comme quand elle est au travail et qu’elle s’apprête à présenter un projet en réunion, ou quand elle boit un café trop fort. Elle enlève le sachet de thé de sa tasse et s’assoit. Elle effleure du bout des doigts les coins de l’enveloppe et inspire profondément.
– C’est parti. Je me lance.
Sa mère sait ce que contient ce courrier. Enfin, elle en a une vague idée, même si on ne lui a jamais dit précisément de quoi elle allait hériter. « Ce n’est peut-être qu’une vieille théière avec un billet de dix livres dedans », avait-elle souvent plaisanté.
Libby se racle la gorge et ouvre délicatement l’enveloppe. Elle en tire une feuille d’épais papier crème et la parcourt rapidement des yeux.
[…]
Elle pose la lettre et sort de l’enveloppe les documents qui l’accompagnent.
– Alors ? s’enquiert sa mère d’une voix nerveuse.
– Je lis.
Elle parcourt les documents en diagonale, et son oeil s’arrête sur l’adresse du bien : 16 Cheyne Walk, Londres SW3. Il s’agit probablement d’une propriété où ont vécu ses parents. Elle savait qu’ils habitaient à Chelsea dans une grande demeure, mais elle pensait que cette dernière avait disparu depuis longtemps. Condamnée. Vendue. Son pouls s’accélère au fur et à mesure qu’elle comprend ce qu’elle est entrain de lire.
– Euh…
– Quoi ?
– J’ai l’impression… Non, ça doit être une erreur.
– Quoi ?!
– La maison. Ils m’ont légué la maison.
– La maison de Chelsea ?
– Oui.
– Toute la maison ?
– J’en ai bien l’impression.
Dans la lettre, le notaire annonce que les autres légataires ne se sont pas manifestés. Elle n’en revient pas.

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Résumé :
Trois cadavres et un bébé abandonné : c’est la macabre découverte que fait la police dans une belle demeure de Chelsea, celle qu’occupait la famille Lamb. Faute de preuves et de témoignages, les enquêteurs privilégient la piste d’un suicide collectif et l’affaire est classée.
Vingt-cinq ans plus tard, quand Libby hérite de la maison et se voit révéler les circonstances de son adoption, elle se rend sur les lieux pour percer le mystère de ses origines. Accompagnée par Miller, un journaliste qui a enquêté sur cette terrible affaire, la jeune femme va faire des découvertes troublantes. Mais est-elle prête à découvrir l’effroyable secret qu’on lui cache depuis sa naissance ? Elle ignore encore que quelqu’un, quelque part, donnerait cher pour la retrouver…

 

 

384 pages – Hauteville – Broché – Kindle – 04/11/2020

Vous aussi ça vous tente ?

Dans tous les cas, bon week-end et… bonne lecture !

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