Premières Lignes #28

Quitter ce monde

de Franck LINOL

Enfin un nouveau billet pour ce rendez-vous hebdomadaire, initié par Aurélia du blog Ma Lecturothèque : les premières lignes d’un livre que j’ai lu, pioché au hasard (ou presque) sur mes étagères.
Si vous souhaitez participer aussi, n’hésitez pas à mettre un commentaire avec le lien de votre article pour que je puisse vous ajouter à la liste. 😉

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317 pages – Éditions Moissons Noires – Broché – Kindle 01/2021

Le ciel était chargé. Un ciel encombré de lourds nuages gris dont certains viraient au noir.
Au volant de sa Citroën B12 Torpédo verte, Line scrutait la voûte avec inquiétude. « Il ne devrait pas pleuvoir avant la fin de la journée », estima-t-elle.
La veille, elle avait rendu visite à ses parents qui habitaient à Laborde, un village de la commune de Lalande de Pomerol, situé à une dizaine de kilomètres de Libourne. Son père exploitait un modeste vignoble de six hectares de merlot et de cabernet-sauvignon qu’il avait planté en 1912.
L’année où Line s’était mariée.
Elle l’avait trouvé fatigué alors qu’il revenait d’une journée passée à tailler la vigne « en vert ».
Il avait embrassé sa fille – « Tu es là toi ? On ne te voit plus, Line » – et était descendu à la cave.
Elle avait entendu son pas lourd et son souffle enroué alors qu’il remontait une bouteille de 1928.
Elle se souvint de cet été caniculaire dont la chaleur écrasante avait duré jusqu’aux vendanges et qui était considéré par son père comme une grande année.
– Louis, assieds-toi, avait suggéré la mère de Line.
Mais Louis s’était dirigé vers le placard et en avait sorti trois verres. Au passage il avait attrapé un tire-bouchon qui traînait sur le rebord de l’évier.
Puis, sans un mot, il avait pris son temps pour extraire le bouchon. Il s’était servi une rasade, avait humé le Lalande, en avait avalé une gorgée, puis, la mine satisfaite, avait rempli les verres.
C’est là qu’il s’était enfin installé dans son fauteuil paillé en chêne aux accoudoirs usés.
Elle venait de traverser Boulazac. Et elle repensait à son père. Un taiseux. Mais, trois ans au paravant, dans son regard, elle avait perçu toute sa douleur quand elle lui avait annoncé qu’elle quittait Laborde pour Paris.
Sa mère n’avait pas compris… Lui, son père, savait que Line était une fille au caractère bien trempé, indépendante, aventurière… C’était ainsi. La nature avait décidé que Line serait une personne hors norme. Et la nature, Louis la respectait. Les saisons, les orages de grêle, les gelées tardives, la pluie qui donne la maladie de la vigne. Et Line qui était née « comme ça » et qui resterait ainsi toute sa vie. On ne contredit pas la nature.
La Torpédo roulait bien et elle calcula qu’elle serait largement à l’heure à l’aérodrome de Limoges-Feytiat.
C’est après Thiviers, alors qu’elle pénétrait dans le pays des Feuillardiers, qu’elle repéra l’étrange manège d’une bonne centaine de corbeaux.
Line se gara le long de la départementale et observa les oiseaux noirs. Elle entendait leurs cris rauques alors qu’ils volaient à basse altitude au-dessus d’un champ entouré de bois de châtaigniers. Jamais elle n’avait vu autant de ces charognards tournoyer dans l’air, se poser dans l’herbe, s’envoler à nouveau.
Le tintamarre provoqué par les « croaks » lugubres était presque effrayant.
Line, qui pourtant n’était pas superstitieuse, fut parcourue de frissons.
Était-ce un avertissement, le signe d’un mauvais présage ?

4ème de couverture :
Dumontel vient d’échapper à la mort. Après plusieurs mois d’hôpital et de rééducation, il « remonte sur le ring ». Mais il n’est plus le même homme : douleurs, cauchemars, fatigue, stress post-traumatique.
Dans cette nouvelle enquête, il est confronté à un crime horrible commis sur un vieil homme. C’est à ce moment-là qu’il est contacté par une femme qui le sollicite pour enquêter sur une affaire très ancienne, un 
cold case… La disparition en 1938 d’une femme exceptionnelle : suffragette, comédienne, journaliste, détenant le record du monde de saut en parachute féminin ! Dans le contexte de l’arrivée des espions nazis sur le sol français, la disparition de Line Paulet entre étrangement en résonance avec l’enquête liée au meurtre du vieillard.

Les blogueurs et blogueuses qui y participent aussi :

• Au baz’art des mots
• Light & Smell
• Les livres de Rose
• Lady Butterfly & Co
• Le monde enchanté de mes lectures
• Cœur d’encre
• Les tribulations de Coco
• Vie quotidienne de Flaure
• Ladiescolocblog
• Selene raconte
• La Pomme qui rougit
• Les lectures d’Emy
• Aliehobbies
• Ma petite médiathèque
• Pousse de ginkgo
• À vos crimes
• L’univers de Poupette
• Le parfum des mots
• Chat’Pitre
• Les lectures de Laurine
• Lecture et Voyage
• Eleberri
• Les lectures de Nae
• Prête-moi ta plume
• Tales of Something
• Ju lit les mots
• Read For Dreaming

Une réflexion sur “Premières Lignes #28

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